Dernier café littéraire avant l’été

Djaïli AMADOU AMAL (auteure des Impatientes) : Cœur de Sahel

Dans l’extrême nord du Cameroun où sévissent le changement climatique et les attaques de Boko Haram, Faydé, 15 ans, décide rejoindre Srafata et Bintou, qui ont elles aussi été contraintes de devenir domestiques à Maroua. Alors qu’elles sont écrasées par leur responsabilité vis-à-vis de leurs familles t qu’elles subissent viols, mauvais traitement et mépris de classe, les jeunes filles luttent pour survivre et se construire un avenir. Vives et attachantes, parfois désespérées, elles rêvent de réussite, de joie ou d’amour. Comment parviendront- elles à se frayer un chemin dans cet environnement où leur destin est tout tracé ? Tableau bouleversant et romanesque sur la condition des femmes, qui parvient à nous rendre le Sahel terriblement proche. Pour écrire ce livre l’auteure a vécu dans cette région et a enquêté sur la vie des femmes.

COLETTE : La chambre à dormir dehors

C’est ainsi que Colette nomme une partie de son jardin provençal dont elle nous parle avec tendresse au début de cet ouvrage. Série de courtes nouvelles sur les plantes médicinales, sur le muguet, les pivoines, la rose et la Treille Muscate. On sort de ce livre avec une envie de courir dans un jardin et d’admirer leurs occupants.

Zhiang GUIXING : La Traversée des Sangliers.

Roman puissant, sauvage et magnifique écrit par un auteur qui veut se distinguer de la littérature chinoise classique (il est né à Bornéo et vit à Taïwan, on y pénètre comme dans une terre inconnue, jamais arpentée et rayonnant de vie et de mort. Décembre 1941, le Bouk aux Sangliers est un village perdu au nord de Bornéo. Jadis repaire de pirates, de coolies et de chercheurs d’or, il a gagné son nom au terme d’une lutte épique des chasseurs contre les premiers occupants : les sangliers. Mais cette année-là, c’est l’armée japonaise qui déferle sur le village. Ce roman nous immerge,, à travers une langue flamboyante dans le vivant, dans un maelstrom de sensations, d’odeurs de cris et de couleurs. A la suite de chasseurs opiomanes comme Kwan la Face Rouge, Tzo Dady ou Tsing le Biscornu, de la vieille sorcière Mapopo, d’une ribambelle d’enfants lance-pierres à la main et masque de YokaÏ au cou, nous parcourrons les sentiers d’une jungle ensorcelante traversée par la magie, le rêve , la violence et par éclair : la Beauté.

Aharon APPELFELD : La Stupeur

Dernier roman paru du vivant de l’auteur. Un matin Irena découvre ses voisins juifs alignés devant l’entrée de leur magasin. Un gendarme les tient en joue : ordre des allemands. Le lendemain ils sont agenouillés, brutalisés avant d’être assassinés. Leur magasin est pillé. Dans ce petit village ukrainien, la catastrophe est en marche et elle est provoque chez la jeune paysanne un sursaut. L’effroi de n’avoir pas pu secourir ses voisins se double de celui que lui inspire son mari, une brute qui la maltraite. Il faut partir. Commence alors une longue errance aux accents prophétiques. De village en village Irena proclame que le Christ est juif et que lever la mainsur ses descendants est un crime. Menacée par les hommes, protégée par les femes, Irena accomplira son destin jusqu’au bout. Ce roman plonge ses racines dans ce qu’il y a de plus archaïque en l’homme : la soif de détruire et le besoin de réparer.

Karin SLAUGHTER : Pas de pitié pour Martin – polar humoristique.

Il est ingrat, médiocre, désespérement seul, et il a la poisse. A bientôt 44 ans, il vit toujours chez sa mère dont il est la risée et le souffre-douleur. Bref toute l’existence de Martin est placée sous le signe de l’humiliation de et l’échec. Par un malencontreux concours de circonstances, il se retrouve un beau jour accusé du meurtre horrifique d’une de ses collègues. De quiproquo en malentendus, Martin voit le sort se déchainer sur lui .La troublante inspectrice Albado, seule à douter de sa culpabilité, fera tout son possible pour l’arracher à l’engrenage infernal. Mais quand la déveine vous colle à la peau, même les anges gardiens n’y peuvent rien.

Nicolas LEBEL : Le Jour des morts :

Paris à la Toussaint. Le capitaine Mehrlich, les lieutenants Dossantos et Latour sont appelés à l’hôpital Saint Antoine : un patient vient d’y être empoisonné. Le lendemain c’est une famille entière qui est retrouvée sans vie dans un appartement des Champs Elysées. Puis un couple de retraité à Courbevoie… Tandis que les cadavres s’empilent, la France prend peur. Celle qu’on surnomme bientôt l’Empoisonneuse est à l’œuvre et semble, au hasard, décimer les familles au quatre coins du pays. Les medias s’enflamment alors que la police tarde à arrêter la coupable et à fournir des réponses. Qui est cette jeune femme d’une trentaine d’années que de nombreux témoins ont croisé ? Comment peut-elle tuer depuis quarante ans et en paraître trente ? Surtout qui sera sa prochaine victime ?

Gerda BOYESEN : Entre psyché et soma

le premier fondement de la psychologie biodynamique est la végétothérapie à laquelle la norvégienne G. BOYESEN a été formé dès 1947 par Ola RaKnes, amie de Wilhem Reich. Le deuxième fondement tient dans le message d’Aadel Büllow Hansen et agit comme une psychanalyse : « Nous travaillons avec

le soma, le corps et nous provoquions un processus dynamique qui transforment la psyché ». Au cours de plus de trente années de pratique comme psychologue clinicienne, phytothérapeute et thérapeute, l’auteure a développé à partir de tels principes ses propres méthodes. Par le massage, la parole ou le silence, la thérapeute provoque un stimulus intérieur, il laisse ensuite apparaître, depuis les profondeurs du corps, le processus dynamique qui provoque la naissance des émotions ; Ces dernières se déchargeant avec les réactions végétatives appropriées. Il y a dans le corps un processus régulateur et harmonisateur des tensions. Lorsque le sujet a retrouvé ses ciirculations bio-énergetiques, il se sent enfin heureux et en contact avec la réalité. Ce livre nous a été présenté par une personne qui a pu expérimenter cette méthode qui fait tomber les cuirasses et aide à débloquer les énergies du corps.

Chantal THOMAS : Journal de Nage

Il existe plusieurs journaux de voyages, de rêve, de deuil mas pas de nage. Pourtant, quoi de plus fragile et puissant, éphémère et total, sensuel et inspirant que le plaisir du bain ? En tenant le journal de son été 2021 à Nice, l’auteure innove et poursuit l’entreprise paradoxale entamée avec « Souvenir de la marée basse », portrait de sa mère en nageuse. « Comme sont loin les muscles de mes bras » – cette phrase de Kafka, véritable fil conducteur, a été le déclic à partir duquel il lui a semblé essentiel au sortir du confinement, de célébrer le chemin flottant d’un retour à une harmonie retrouvée avec son corps et avec le monde. Elle raconte aussi les habitudes de chacun, les rencontres, les gens qu’on salut. Après cette lecture vous n’aurez plus qu’une envie : vous jeter à l’eau !

Shaun BYTHELL : Petit traité du lecteur

un libraire raconte ce que le vôtre pense (peut-être) tout bas.

Libraire à Wigtow, l’auteur a écrit ce court traité à la faveur du confinement qui l’a séparé de ses clients.

Quand on flâne entre les rayons, on oublie souvent que le libraire est là qui nous observe, nos bizarreries et nos manies. D’une manière malicieuse, il peut en faire un joyeux jeu des sept familles, caustique et cocasse. Peut-être vous reconnaîtrez vous dans un des lecteurs de ce savoureux recueil de portraits et d’anecdotes : êtes-vous le « cliens perfectus » ?, « l’homo peritus – l’expert » , la »familia juvenis » ? ou l’ »Homo qui desidet (le flaneur) ?

Pour les personnes qui sont intéressées par le peintre René Magritte, l’auteure belge Nadine MONFILS (qui vit à Paris) a écrit : Les Folles enquêtes de Magritte et Georgette » où elle nous fait découvrir le peintre dans son intimité, à travers plusieurs enquêtes à travers la Belgique. Elle a eu la chance de rencontrer Georgette Magritte qui

lui a longuement parlé de son mari. On apprend beaucoup sur le peintre, son caractère, ses habitudes : il ne peignait pas dans un atelier mais dans son salon, ses amis, ses ennemis (il appelait Delveau Delvache). Elle nous parle de son pays avec beaucoup de tendresse et poésie.

un grand merci à l’équipe du magasin SMILE qui nous a accueillis ces deux derniers mois.

Passez de bonnes vacances, avec beaucoup de livres et à la rentrée !