Rencontres littéraires mai 2018

Jeudi 3 mai aux Dahlias.

La Maison des Lumières de Didier Van Cauwelaert

À vingt-cinq ans, Jérémie Rex, boulanger à Arcachon, est entré dans un tableau de Magritte. Là, il a retrouvé pendant quatre minutes trente la femme de sa vie, au temps où elle l’aimait encore. Hallucination, accident cérébral, changement d’espace-temps ? Lorsqu’il reprend connaissance, les problèmes commencent pour Jérémie : comment retourner dans le tableau ? Comment échapper à la réalité pour recréer le bonheur ? De Venise au Perreux-sur-Marne, des mystères du cerveau aux secrets des chamanes, Didier van Cauwelaert nous fait partager l’irrésistible aventure d’un jeune homme ordinaire, confronté aux pièges les plus fascinants de l’amour, de l’art et de la destinée humaine.

À la fois historique et fantastique, ce roman nous promène du monde de l’après guerre à nos jours et nous donne envie d’en savoir plus sur les tableaux de Magritte. Et plus particulièrement sur la série « L’empire des Lumières ».

Sleeping Beauties de Stephen King

Le nouveau King a été écrit à quatre mains, Stephen ayant accepté avec plaisir de travailler avec son fils Owen.

Un phénomène inexplicable s’empare des femmes à travers la planète : une sorte de cocon les enveloppe durant leur sommeil et si l’on tente de les réveiller, on prend le risque de les transformer en véritables furies vengeresses. Bientôt, presque toutes les femmes sont touchées par la fièvre Aurora et le monde est livré à la violence des hommes. À Dooling, petite ville des Appalaches, une seule femme semble immunisée contre cette maladie. Cas d’étude pour la science ou créature démoniaque, la mystérieuse Evie échappera-t-elle à la fureur des hommes dans un monde qui les prive soudainement de femmes ?

Comme on l’a probablement déjà compris, Sleeping Beauties n’a absolument rien d’un conte de fées. Car dès qu’on en entamera la lecture, on basculera dans un univers dans lequel fantastique et horreur seront étroitement liés. Du vrai Stephen King !

Septentrion de Louis Calaferte

Dans ce récit largement autobiographique, Calaferte relate à la première personne les errances d’un apprenti écrivain, ses premières lectures clandestines au cours de son travail d’ouvrier et ses rencontres avec les femmes, dont la plus importante, dans le récit, est sans conteste Nora la Hollandaise, figure de l’émancipation féminine et de la réussite sociale. Ce livre subversif est un hymne au désir créateur et à la liberté de l’artiste, dans un contexte social à la fois rigide et fluctuant, celui de l’Après-Guerre .

C’est un récit puissant qui s’est vu interdit à la publication pendant près de 20 ans avant que Denoël l’édite en 1984.

Les droits du désir d’André Brink

Une grande maison un peu délabrée dans un quartier résidentiel du Cap, dont l’aspect assoupi n’est que de façade. Un veuf vieillissant, blanc, ex-bibliothécaire, privé de son poste par les orientations du nouveau pouvoir en Afrique du Sud. Surgit, un soir d’orage, Tessa, jeune, belle, tendue, aussi insaisissable que la nouvelle république. Et l’improbable se produit : alors qu’il ne croyait plus avoir de raisons de vivre, Ruben Olivier tombe passionnément amoureux de cette fille qui, pur produit du temps présent, le fait douter de son passé.
Un très beau roman d’amour, avec en toile de fond une évocation sans concession de la vie parfois dangereuse en Afrique du Sud, l’accession de Nelson Mandela au pouvoir n’ayant diminué ni criminalité ni corruption, et des réflexions sur la vieillesse et sur les rites du désir.

Traité d’économie hérétique de Thomas Porcher

« La dette publique est un danger pour les générations futures », « La France n’a pas fait de réformes depuis plus de trente ans », « Notre modèle social est inefficace », « Le Code du travail empêche les entreprises d’embaucher », « Une autre politique économique, c’est finir comme le Venezuela » ; telles sont les affirmations ressassées en boucle depuis plus de trente ans par une petite élite bien à l’abri de ce qu’elle prétend nécessaire d’infliger au reste de la population pour sauver la France.
Ces idées ont tellement pénétré les esprits qu’elles ne semblent plus pouvoir faire l’objet du moindre débat. C’est justement l’objet de ce livre : regagner la bataille des idées, refuser ce qui peut paraître du bon sens, tordre le cou à ces prétendues « vérités économiques ».
Savez-vous qu’il y a eu plus de 165 réformes relatives au marché du travail depuis 2000 en France ? Que nous avons déjà connu une dette publique représentant 200 % du PIB ? Que plus de la moitié de la dépense publique profite au secteur privé ?
Dans ce traité d’économie hérétique, Thomas Porcher nous offre une contre-argumentation précieuse pour ne plus accepter comme une fatalité ce que nous propose le discours dominant.

Christine

 

Jeudi 17 mai au Bout du bar.

Sandrine COLLETTE : Les larmes noires sur la terre : Mauvaise décision : Moe a décidé de quitter sa Polynésie natale pour suivre son homme en métropole. Six ans plus tard, battue, chassée avec son enfant, elle se retrouve SDF et est conduite à « La Casse », un lieu où les voitures sont mises sur cales et transformées en habitations, où l’on enferme les accidentés de la vie : SDF, drogués, prostituées… Moe va avoir la chance de se retrouver avec cinq femmes peu ordinaires :

– Ada la doyenne, ancienne herboriste, seule survivante de sa famille massacrée par les talibans en Afghanistan,

– Jaja, la guerrière,

– Poule la survivante du Bataclan,

– la douce Marie Thé

– et Nini, qui veut rester jeune et s’amuser.

Leur force c’est leur cohésion, leur entraide. Roman bouleversant, magnifiques portraits de femmes qui luttent pour garder leur dignité.

Frank THILLIEZ : Sharko : On retrouve les deux héros de Thilliez : Lucie Henebelle et Frank Sharko, tous deux flics au 36 quai des Orfèvres et unis à la ville. En souvenir de son oncle, ancien policier, Lucie, en dehors de son service, reprend le dossier qui lui tenait à cœur et abat un homme. Pour protéger sa compagne, Sharko va maquiller le meurtre, qui sera confié à leur service, car la personne que Lucie a tuée n’a rien d’ordinaire. Ils vont se confronter, une fois de plus, à la noirceur de l’âme humaine. Roman très documenté où l’auteur aborde le thème de la peur et des conséquences de son absence et le sang : sa complexité, ce qu’il peut véhiculer.

Irène NEMIROVSKI : Suite Française : roman écrit dans le feu de l’action et dont le manuscrit a été retrouvé par la fille de l’auteure en 1992, dans une mallette laissée par sa mère, morte avec son mari en camp de concentration. Il a été édité en 2004. Irène Nemirovski décrit l’exode de 1940 qui brassa dans un désordre tragique des familles françaises de toutes sortes, des plus huppées aux plus modestes. Elle traque les innombrables petites lâchetés et les fragiles élans de solidarité d’une population en déroute : cocottes larguées par leurs amants, grands bourgeois dégoûtés par la populace, blessés abandonnés dans les fermes, qui engorgent les routes de France, bombardées au hasard. Exacerbées par la présence de l’occupant, les tensions sociales et les frustrations vont se réveiller.

Élisabeth DE FEYDEAU : Le roman des GUERLAIN, parfumeurs de Paris :

« La gloire est éphémère, seule la renommée est durable ».

Originaire d’Abbeville, où son père était marchand d’épices et potier d’étain, Pierre-François-Pascal Guerlain, par désir d’indépendance et désir de se réaliser, quitte le giron familial et s’installe à Paris. Après une période de formation, il va se révéler comme un créateur visionnaire, doué d’un génie sans égal pour créer des parfums. En 1828, il ouvre sa première boutique sur les Champs Élysées. Il suit son intuition et offre à une clientèle exigeante des fragrances inoubliables dans d’élégants flacons. Il va consolider son entreprise en offrant à ses employés des conditions de vie décente. Il va traverser les turbulences du 19e siècle et bâtir un empire familial. Après lui, Aimé, Jacques et Jean-Paul poursuivront l’aventure, incarnant le Paris du Luxe et de la Volupté. Saga d’une réussite familiale qui a su s’adapter à son époque. Un livre qui incite à se précipiter dans une parfumerie pour sentir les parfums évoqués dans ce livre !

 

Voici les livres qui ont été évoqués lors de nos rencontres du mois de mai.

Prochaines rencontres : le 7 juin aux Dahlias et le 21 juin Au Bout du Bar, où si nous le pouvons, nous prolongerons la rencontre en dînant tous ensemble.

Après les vacances, nous nous retrouverons le 4 octobre 2018 aux Dahlias, pour une nouvelle année de lectures.

À Bientôt.

Michelle