Café littéraire du 9 décembre 2025

Marie SEMELIN  : Les certitudes  : « Le 9 octobre 2023 à 12 heures, comme tous les lundis, une foule d’étudiants entre dans la bibliothèque du Centre Pompidou. Ce jour-là, une petite femme au chignon blanc trotte parmi eux. Elle demande un renseignement et accède au premier étage. Durant une semaine, elle lit la presse. Elle étale les titres sur une large table noire, à proximité du box de métal où se trouvent les journaux. Un documentaliste serviable et patient l’aide à effectuer ses recherches sur ordinateur. D’abord en lettres latines et ensuite les claviers en ligne en hébreu et en arabe ». De 1955 à aujourd’hui, de Jérusalem à Ramallah, l’auteure signe un roman bouleversant d’humanité où chacun affronte ses contradictions, jusqu’à ce que ses certitudes vacillent.

Fiodor DOSTOÎEVSKI  : Souvenirs (Récits) de La Maison des Morts  : publié pour la première partie en 1860 et en 1862 pour la deuxième partie. Le récit commence en 1855 après que l’auteur ait purgé une peine de cinq ans au bagne d’Omsk et alors qu’il était encore en relégation à Semipalatinsk en Sibérie où il servit comme simple soldat. Il raconte la maison de force, avec ses criminels, le rôle de l’argent, la contrebande  la monotonie de la vie,  la violence. Premier récit sur le système pénitentiaire russe, œuvre phare de la littérature concentrationnaire.

Frank BOUYSSE  : Entre toutes – Prix Honoré de Balzac en 2025. L’auteur choisit de raconter le destin de sa grand-mère Marie, née en 1910 en Corrèze. C’est une traversée du 20ème siècle à travers le regard de cette femme qui connaîtra une vie de joies et de peines. Elle subira deux guerres, qui laisseront le monde dépourvu d’hommes. Elle connaîtra le travail des femmes restées loin des champs de bataille.  Elle s’éteindra vers la fin du 20ème siècle. Histoire de la ruralité et de ses femmes.

Alexis LAÏPSLER  : A couper le souffle. Polar à ne pas mettre en toutes les mains. Prix du meilleur polar francophone Cognac 2025. Sous terre, personne ne vous entendra crier. Enlevée, séquestrée, enterrée vivante. Elle n’a que 17 heures à vivre. Le commissaire Valenti, de la vieille école et même borderline, est sur le fil du rasoir. Plus que jamais. Car c’est sa fille.

Véronique OLMI  : Le Courage des Innocents  : Ben, jeune activiste altermondialiste, traverse la France pour sauver Jimmy, son demi-frère de 13 ans son cadet, qu’il n’a plus revu depuis la mort de leur mère. Jimmy a été récemment retiré de la garde de son père, Fred, musicien alcoolique qui ne pouvait plus s’occuper de lui. En rencontrant des enfants perdus qui naviguent de foyer en famille d’accueil, Ben aura une prise de conscience qui va remettre toute sa vie en question et le mener en Ukraine, où il faut sauver les enfants avant qu’ils ne soient kidnappés et déportés par les russes. Livre intense, contre toutes les formes d’oppression, délicatesse, engagement et une grande puissance narrative. 

Erri De LUCA  : Récits de saveurs familières –  avec les commentaires du nutritionniste Valerio GALASSO  : L’auteur nous invite à un voyage gustatif dans lequel chaque plat, chaque expérience culinaire ouvre une porte sur un souvenir. Des épisodes et des lieux issus de son enfance, ou de sa vie d’adulte, ressurgissent grâce à une mémoire sensorielle, les déjeuners du dimanche au parfum de « Ragu », les repas pris sur les chantiers ou en montagne, l’ambiance chaleureuse des « osteries » populaires, où la jeunesse militante côtoyait la classe ouvrière. En écho à chaque récit, Valerio Galassa, nutritionniste et ami, livre des conseils pratiques et des clés pour de saines habitudes alimentaires. Livre intime, traversé par les traditions culinaires italienne, la cuisine, langage de transmission et de partage jusque dans les recettes familiales proposées à la fin de l’ouvrage. 

Marie Hélène LAFON  : Les derniers Indiens  : « Les Santoire vivaient  sur une île. Ils étaient les derniers Indien, la mère le disait chaque fois que l’on passait en voiture devant les panneaux d’information touristique du Parc Régional des Volcans, on est les derniers Indiens ». Les Santoire, le frère et la sœur, sont la quatrième génération. Ils ne sont pas mariés, n’ont pas eu d’enfants. En face de chez eux, de l’autre côté de la route, prolifère la tribu des voisins qui ont le gout de devenir. Sentinelles muettes, les Santoire happent les moindres faits et gestes. Et contemplent la vie des autres. Celle des vrais vivants.

Gabriel Garcia MARQUEZ : Récit d’un naufragé : En 1955 une série d’entrevues de l’auteur avec Luis Aljandro Velasco, seul survivant de huit marins colombiens tombés à la mer du navire de guerre ARC Caldas en février 1955, est publié dans le journal El Espectador sous forme de quatorze  articles. Alors que la version officielle du gouvernement prétend que les huit hommes seraient tombés à la mer au cours d’une forte tempête, Velasco confie à l’auteur que « le problème c’est qu’il n’y a pas eu de tempête » et que les hommes sont tombés parce qu’un chargement mal arrimé d’appareils ménagers (qui n’avait rien à faire sur un navire de guerre) ramené des Etats-Unis s’est détaché. La version des faits de Velasco donne lieu à de fortes controverses qui se traduisent par des menaces. C’est une des raisons pour lesquelles l’auteur est envoyé comme correspondant en Europe.

 

Salah BADIS  : Des Choses qui arrivent  : ce recueil de Salah Badis, journaliste algérien, regroupe neuf textes et autant d’anecdotes quotidiennes racontés à partir de micro-évènements et de problèmes terre-à-terre  : un jeune photographe et musicien cherche à se faire connaître et à vivre de son art  ; un adolescent aimerait s’affranchir de la tutelle maternelle et connaître enfin l’amour. Un employé de l’administration tente d’échapper au ronron de son existence en rééditant de vieux livres savants. Des jeunes veulent faire la fête jusqu’à l’ivresse. La propriétaire d’un salon de coiffure s’efforce de résoudre un problème de plomberie. Une jeune femme rêve d’acheter un improbable appartement avec vue ….

ERASME  : Complainte de la Paix  : Rédigée en 1516, dans une Europe en pleine effervescence, la Complainte dénonce la folie de la quête du pouvoir et les mobiles cachés de la guerre  : colère, sottise et ambition, injure, avidité insatiable. Peu importe où il va, il ne trouve pas de lieu où il se sent bien. Erasme critique la société de son temps, les princes et les ecclésiastiques. « La nature enseigne la paix et la concorde  : tant de charmes nous engagent à les aimer  ; tant de liens, tant de raisons nous invitent à les conserver  ! Qu’on nous dise après tout cela quel est le démon capable de nuire, qui brisant, rompant ou divisant tout, crée dans le cœur des hommes, cette rage insatiable de la guerre  ! «  

Bernard VILLIOT  et Pierre BRETIN  : Le Prince et le Grand Chêne  : littérature jeunesse – primaire. Dans un petit royaume sans histoire trône un chêne robuste et majestueux, adoré de tous. Mais à la mort du Roi renard, le Prince héritier à l’orgueil sans limite, décrète qu’une statue monumentale sera taillée à son effigie dans l’arbre plusieurs fois centenaire. Une fois l’œuvre achevée, dépouillé et mutilé, le grand chêne cesse de prodiguer au Royaume tous ses bienfaits. Tempêtes et désolation s’abattent sur les terres et les habitants. Pour sauver son Royaume, le nouveau souverain acceptera-t-il de troquer sa couronne contre un tablier de jardinier  ? Roman poétique, morale accessible aux enfants. Beaucoup de dessins, livre à explorer.

Bernard VILLIOT et Thibault PRUGNE  : Le Dompteur de vent  : La grange d’un vieil original révèle ses secrets  : des centaines de cerfs-volants tous plus beaux les uns que les autres. Sam est bien décidé à réaliser le rêve mb leur propriétaire……Participer à un rassemblement mondial de cerfs-volants à l’autre bout des Etats-Unis. Aidé de la belle Sarah, il commence le voyage …… Et apprendra à son tour à « dompter le vent ».  Pour les enfants à partir de sept ans.