CAFE LITTERAIRE du 13 JANVIER 2026

Edward CAREY : L’Homme Avalé : Parti à la recherche de son fils Pinocchio disparu sans crier gare, Gepetto se retrouve dans le ventre d’une baleine. Au sein de ce purgatoire, détrempé, il parvient, grâce à un vieux bateau plein de mystères avalé lui aussi par le monstre, à se procurer le minimum vital : de quoi s’éclairer et de quoi écrire. Seul comme il ne l’a jamais été, il entreprend de raconter ses vies. Les débris qui chaque jour arrivent dans la gueule de son hôte lui offrent de quoi tromper l’ennui lancinant. De quoi créer : sculpter, dessiner…..tout ce qui permet à un artiste de continuer à vivre.

Etienne KERN : Le tu et le vous : l’art subtil de s’adresser à l’autre : Dire tu ? Dire Vous ? Que la solution s’impose comme une évidence ou qu’elle nous plonge dans les affres du doute, il nous faut faire un choix. Et ce choix d’emblée, nous place au cœur d’enjeux considérables, car ces tu et ces vous que nous employons sans y prêter attention sont plus que des pronoms, ils engagent notre relation à l’autre. L’auteur prend de nombreux exemples dans notre vie sociale : politique, religieux …ouvrage plein d’humour. Ce n’est pas si simple de dire Tu ou Vous !

Nathacha APPANAH : La Nuit au Cœur : « De ces nuits et de ces vies, de ces femmes qui courent, de ces cœurs qui luttent, de ces instants qui sont si accablants qu’ils ne rentrent pas dans la mesure du temps, il a fallu faire quelque chose. Il y a l’impossibilité de la vérité entière à chaque page mais la quête désespérée d’une justesse au plus près de la vie, de la nuit, du corps, du cœur, de l’esprit. De ces trois femmes il a fallu commencer par la première, celle qui vient d’avoir vingt-cinq ans quand elle court et qui est la seule à être encore en vie aujourd’hui. Cette femme c’est moi ». Ce roman entrelace trois histoires de femmes victimes de la violence de leur compagnon.

Gilles ROCHIER : TMLP : – Ta Mère La Pute – roman graphique : On était une bande, égarée dans un quartier flambant neuf au début des années 70. Des terrains vagues, des bois, les routes pas encore finis d’être goudronnées. On faisait nos 400 coups. Il y avait « les plus grands » qui nous pourchassaient en mobylette, pour nous en faire baver dans la forêt. On se chamaillait aussi avec les gamins des cités voisines. On se passait entre nous une compil K7 qu’on écoutait en boucle sur un gros poste. Il y avait des lieux qui avaient une aura de mystère. Il y avait aussi cet arrêt d’autobus qui nous terrifiait : la journée c’était notre point de départ pour Paris, vers le monde, mais le soir surtout les derniers jours du mois aucun d’entre-nous n’y aurait jamais mis les pieds. La misère pousse à bien des extrémités. Voir le documentaire : «on n’ est pas des racailles » réalisé par Djamel MAZI, suite à la visite de Nicolas SARKOSY sur la Dalle d’Argenteuil.

Jeanne BENAMEUR : Les Demeurées : Les demeurées, ce sont une idiote du village et sa fille, fruit d’un contact éphémère avec un ivrogne de passage. Entre ces deux êtres d’infortune, nulle parole. Leur amour est silencieux, bâti sur leur seule présence l’une à l’autre. Leur vie recluse, solitaire doit cependant prendre fin lorsque la petite Luce prend le chemin de l’école. Là, le monde l’attend et mademoiselle Solange, l’institutrice, est décidée à rompre l’ignorance, à faire jaillir les mots. La Varienne et sa fille vivent cette intrusion de l’extérieur comme une menace. Ensemble, elles renforceront ce lien primal, instinctif qui les unit : un amour quasi mystique, indéfectible, originel.

Hélène GESTERN : Cézembre : roman autour de la mer, des tempêtes. « Elle se contente d’ouvrir sur lui ses yeux liquides, ce paysage clair et indéchiffrable dans lequel il lit à la fois tout et rien ; ce regard aussi vaste que la mer, qui, dans son intensité muette lui fait peur » Yann, professeur d’histoire récemment divorcé, quitte Paris pour s’installe à Saint-Malo, dans la demeure de son enfance. C’est ici, face à l’île de Cézembre, que s’écrit le destin des Kérambrun. Au début du XXème siècle, son aïeul épouse la femme qu’il aime et fonde une compagnie maritime florissante, transmise aux générations suivantes. Mais Yann refusera de marcher dans les pas de son père, un homme dur et taiseux. En fouillant les archives familiales, il découvre l’histoire cachée des siens. Trouvera-t-il la source qui a empoisonné leurs liens et semble les condamner à la solitude ?

Michèle LESBRE : Naufrage(s) : L’émotion qui l’étreint dès son arrivée sur l’île de Sein, « petite terre têtue », plonge l’auteure dans une forme d’état de grâce. Fascinée par la carte des naufrages dans le musée local, elle se laisse peu à peu envahir par l’écho de ses propres tempêtes, intimes ou politiques. Si le naufrage des utopies a succédé aux belles espérances qui les ont portées, si le monde part à vau-l’eau, la puissance du paysage l’emporte, conduisant la promeneuse à un heureux vagabondage dans sa mémoire. De retour à Paris, elle décidera de ne jamais revenir dans ce lieu qui, d’une certaine façon, a bouleversé sa vie, préférant le revisiter en rêve et ouvrir la possibilité d’autres voyages immobiles.

Gaëlle JOSSE : La nuit des pères : Isabelle, la narratrice, est documentariste. Elle fait des films sur les fonds marins, et vient de perdre son compagnon, mort d’un accident cardiaque au cours d’un tournage. Toujours meurtrie par ce deuil, elle revient dans le petit village des Alpes où elle a grandi. « Ce serait bien que tu viennes, depuis le temps. Il faut qu’on parle de Papa » lui a dit son frère Olivier au téléphone. Ce qu’il a à lui dire, c’est que leur père, quatre-vingts ans, commence tout doucement à perdre la mémoire. Dans ce roman court et dense l’auteure raconte la violence d’un père, détruit par un évènement qui ronge sa conscience depuis sa jeunesse et les conséquences de ce traumatisme sur la vie de famille.

Titiou LECOQ : Une époque en or : « La vie familiale est une répétition sans fin des mêmes gestes, mais j’avais décidé de savourer cette routine plutôt que de m’en plaindre » A 38 ans, Chloé mène une vie banale, entre son compagnon, son fils, son travail sans passion et son quotidien sans éclat. Mais lorsqu’elle découvre que ses voisins ont des vies plus trépidantes que la sienne, elle décide de changer . Tout bascule avec un secret de famille qui l’entraîne dans une aventure rocambolesque entre un trésor perdu, une grand-mère machiavélique, des masculinistes hargneux et un plan pour la fin du monde. Roman loufoque, intelligent, beaucoup d’humour et un sujet universel : La famille.

Nora HAMADI : La Maison des rêves : l’auteure a dessiné ses rêves durant l’enfance dans un local qui s’appelait La Maison des Rêves, au pied de la résidence La Rocade, une cité de Longjumeau, sortie de terre dans les années 1960 entre champs, autoroutes et nationales. Avec sa grand-mère, elle partageait un appartement dans ce quartier populaire. Un village vertical habité d’immigrés de toutes les régions françaises et du monde entier où la solidarité et l’entraide étaient fortes. Dix ans après la mort de sa grand-mère, l’auteure est retournée à Longjumeau. Les immeubles sont toujours là. Mais tout a changé. Que sont devenus les associations, les services publics et les valeurs qui ont donné des horizons à sa génération ?
LIVRES POUR ADOLESCENTS :

Camille ANSSEL : Le Cercle de ronces : gagnant 2025 au Concours Premier Roman Jeunesse : Au cœur d’une forteresse assiégée, Lalie, la plus grande sorcière de l’histoire, livre à huit scribes un récit aux airs de testament. Celui d’une orpheline, qui a fait trembler l’Empire, d’une jeune prodige, qui défie un système patriarcal cruel. D’une cheffe de guerre, au bord de la défaite. Le pari fou d’une rébellion clandestine féministe, dans un monde où la magie détraque les esprits. – à partir de 14 ans.

Alain GAGNOL : Célèbre à en mourir : Tout commence par un évènement inexplicable, baptisé « l’Apparition ». Le visage d’une adolescente, Laura, s’affiche pendant quelques secondes sur l’ensemble des écrans du monde. Smartphones, télévisions, ordinateurs, et même systèmes de surveillance militaire : rien n’échappe à ce phénomène planétaire. Très vite, les théories les plus folles circulent. S’agit-il d’un signe divin, d’un complot d’Etat, d’une manipulation technologique ? La vie de la jeune fille bascule. Hier encore, Laura était une ado ordinaire, préoccupée par ses amis, ses cours et son quotidien banal. Le lendemain, elle devient la fille la plus célèbre du monde, symbole d’un mystère qui échappe aux scientifiques comme aux autorités. Mais être ainsi projetée sous les projecteurs, est-ce un rêve ou le début d’un cauchemar ? Portrait grinçant de notre époque hyperconnectée où les intelligences artificielles gouvernent l’essentiel des interactions humaines. – Pour jeunes adultes passionnés de lecture






