Café littéraire : On en a parlé

6 OCTOBRE 2026

Jean-Claude RASPIENGEAS  : La France à la carte  : Les cartes routières racontent le roman palpitant et vivant de la France. Colorées, chatoyantes, toujours renouvelées, elles font parties de nos existences et sont inséparables de nos souvenirs de vacances. Ouvrir une carte routière c’est, d’un seul coup-d’œil, nouer  la géographie et l’histoire et rêver d’échappées. Carte en main, épopée industrielle, comment en un siècle nos habitudes de vie ont été bouleversées par l’automobile et par les Frères Michelin. Leurs cartes étaient mises à jour deux fois par an signalant le moindre détail sur la route, le paysage, les villes traversées. Enquête pleine de rencontres insolites avec des cartographes, des collectionneurs de cartes, de guides, d’objets, parfois achetés à très chers. Sous un angle inédit, ce livre décrit l’évolution de nos modes de vie et de voyages.

 Laura KAKSICHKE  : Baignade surveillée  : Qui à Mission Hills pourrait oublier le 16 juillet 1969  ? Le matin tous les regards étaient médusés par les premières images d’une fusée décollant vers la lune. L’après-midi, le petit Ritchie Manning se noyait dans la nouvelle piscine bleu lagon de son quartier, bondée en cette journée si chaude. Une maître- nageuse était là pourtant. De ce jour tragique qui fait chavirer une famille et toute une communauté, l’auteure scrute chaque recoin, sans relâche, pour en saisir toutes les failles. Elle plonge également dans le destin des témoins-clés qui se trouvent heurtés par ricochet.

Frédéric POMMIER  : Suzanne  : Récit autobiographique  : « Elle aimait les voyages, la vitesse, les fêtes de famille, le tennis et les soirées parisiennes. Elle rêvait d’être comédienne. Elle a traversé le siècle, la Seconde Guerre, les épreuves de la vie. Elle a enduré la solitude et les deuils, avec une conviction  : en toutes circonstances il faut faire bonne figure et garder le sourire. A 95 ans Suzanne s’est résignée à s’installer dans un Ehpad». Dans ce récit poignant, l’auteur explore la mémoire d’une femme lucide et battante, emblématique de sa génération. Il interroge la manière dont sont traités nos ainés mais aussi les soignants Avec humour et tendresse, il nous plonge dans une histoire d’amour et de transmission. Chantal, qui nous a présenté ce livre l’a trouvé vraiment très très bien  !

Mathilde BEAUSSAULT  : Les Saules  : allongée au bord de la rivières, cachée par des saules pleureurs, Marie, 17 ans, semble paisible, endormie, ce que démentent les marques sombres sur son cou. Sa mort brutale ébranle toute la communauté et surtout Marguerite, une petite fille solitaire que tous croient simple d’esprit.  Ses parents travaillent du matin jusqu’au soir, peu enclins à manifester leur affection. Livrée à elle-mê elle aime se réfugier au bord de la rivière C’est là qu’elle a vu quelque chose. Mutique derrière sa chevelure sale et emmêlée, elle observe l’agitation des adultes, qui gendarmes ou habitants, mènent l’enquête. Mais comment discerner la vérité parmi les rumeurs de village, les rivalités familiales et ses rancœurs tissées de longue date  ? Premier roman âpre et sensible ancré dans la Bretagne rurale. 

Audrey BRIERE  : Mauvais cœur  : 1922 – Dans un bourg au nord de la France se dresse le Familistère  : bâtiment en briques rouges où sont logés les employés des fonderies Godin. Une communauté ouvrière unique et utopique. Quand une institutrice est retrouvée assassinée, Mathias Lavau est dépêché sur les lieux. Alors qu’il mène l’enquête, Esther –  son adjointe et la femme qu’il aime, réapparait soudain. Bientôt un nouveau corps est découvert. Le mal se serait-t-il introduit dans communauté parfaite »  ? On retrouve dans ce roman les personnages qui ont fait le succès de son polar précédent  : Les Malvenus – sélection du Prix Landerneau 2023.

Kristin HANNAH  : Le Chant des oubliées  : Californie 1966. Frankie McGraph, élève infirmière, a toujours su que son destin serait d’embrasser les rôles d’épouse et de mère, laissant la gloie et les honneurs. Mais, alors que la guerre bat son plein au Vietnam, elle décide de rejoindre le corps des infirmières de l’armée. Lorsqu’elle arrive à l’hôpital militaire de Saïgon, les corps mutilés, la peur et la mort omniprésente, la bouleverse. Au cœur de cette jungle intraitable, chaque jour est une lutte pour la survie dont elle reviendra transformée. Après son retour, elle découvre que l’ Amérique ne reconnait  ni leur courage, ni leur traumatisme. Hommage passionné à l’héroïsme de milliers de personnes ainsi qu’un hymne à la solidarité féminine.

Jean VIGREUX  : Histoire du Front Populaire  : Grèves, manifestations, tribunes politiques et syndicales … Par un puissant mouvement social, le Front Populaire a changé la vie des Français  : congés payés, semaine de 40 h,  De 1936 à 1938, les gouvernements , et notamment celui de Léon Blum, lancent des réformes historiques. Dans les villes et les campagnes, c’est la liesse  : les  ouvriers occupent les usines, les paysans luttent contre les saisies. Mais l’image de la joie collective masque les tensions nées de la peur du désordre, de l’entrave à la propriété privée ou d’un complot venu de l’étranger. A partir de nouvelles archives, l’auteur prouve que cette « échappée belle » a été une expérience gouvernementale pour comprendre l’histoire sociale et politique de la France contemporaine. Auteur très accessible.

Angelina DELCROIX  : Mémoires d’un expert psychiatre  : prix Cognac 2024 du meilleur roman francophone. Adam Jacuri est expert psychiatre auprès de la cour d’appel de Lyon. Arrivant en fin de carrière, il décide de confier ses mémoires à Jessie Maure, auteure de thrillers. Alors qu’il prend la décision de se retirer définitivement  en allant vivre sa retraite en Bretagne près de la forêt de Huelgoat, des disparitions inquiétantes vont commencer à affoler la population locale. Adam soupçonne un ancien patient et craint pour sa propre vie, mais la gendarmerie ne le prend pas au sérieux. Alors quand les premiers corps sont découverts, il décide d’enquêter seul dans cette vaste et mystérieuse région. Alternant entre souvenirs criminels , maladies mentales et conséquences personnelles et familiales d’un tel métier, ce thriller nous entraine dans les coulisses des unités pour malades difficiles. 

Yan LESPOUX  : Pour mourir, le monde – A reçu de nombreux prix –  Le titre vient d’un poème du 17ème siècle. 1627, sur la route des Indes, dans la fureur d’une ville assiégée, dans le dédale des marais et des dunes battues par le vent, l’aventure est en marche et trois héros ordinaires verront leur destins réunis par une tempête dantesque… Il y a Marie sur la côte landaise. Pour échapper aux autorités qui la recherchent, elle s’est réfugiée dans une communauté de pilleurs d’épaves. Au Brésil, il y a Diogo, orphelin engagé dans la guérilla portugaise qui tente de reprendre Salvador de Bahia aux Hollandais et à Goa, il y a Fernando, engagé de force dans l’armée portugaise. Roman d’aventure foisonnant, magnétique. Personnages ballotés par l’Histoire et les éléments, dans des décors grandioses.

Sébastien PAUTET  : Le mystère de la Porcelaine bleue – Quand la France des Lumières espionnait la Chine des Qing. En 1765, deux prêtres chinois embarquent clandestinement à bord d’un navire français de la Compagnie des Indes Orientales, porteurs d’une mission délicate confiée par Louis XV et son ministre Bertin  : percer les secrets des savoir-faire de la Chine afin d’améliorer la production française de la porcelaine. De Colbert à Napoléon, des salons parisiens aux ateliers de Canton, l’auteur nous entraine dans une incroyable enquête à travers le siècle des Lumières. Tandis que la mode des chinoiseries envahit les demeures, la monarchie française orchestre un ambitieux espionnage industriel aux visées impérialistes dans une Asie convoitée par les européens.

Paul GASNIER  : La Collision  : En 2012, en plein centre-ville de Lyon, une femme décède brutalement, percutée par un jeune garçon en moto cross qui fait du rodéo urbain à 80 km/h. Dix ans plus tard, son fils qui n’a pas cessé d’être hanté par le drame, est devenu journaliste. Il observe la façon dont ce genre de catastrophe est utilisé quotidiennement pour fracturer la société et dresser une partie de l’opinion contre l’autre. Il décide de se replonger dans la complexité de cet accident, et de se lancer sur les traces du motard pour comprendre d’où il vient, quel a été son parcours et comment un tel évènement a pu être possible. Récit en forme d’enquête littéraire qui explore la force de nos convictions , quand le réel les met à mal, et les manquements collectifs qui créent l’irrémédiable.

Jean HEGLAND  : Le temps d’après  : suite du roman Dans la Forêt – Quinze après l’effondrement, le jeune Burl vit isolé avec ses deux mères – Eva et Nell. Pour éviter d’attirer l’attention, elles ont brûlé leur maison et se sont installées au cœur de la forêt. Non loin d’une grande souche, elles se sont construites une vie bien réglée. Pour se nourrir, Burl et ses mères chassent et cueillent. La danse, la musique et les récits qu’ils inventent au coin du feu rythment leurs journées. Protégés par leur chère forêt, Eva et Nell refusent tout contact avec le monde d’avant. Mais Burl, lui, brûle de curiosité pour ces humains, qu’il ne connaît que par leurs histoires. Une nuit, il aperçoit une lumière qui pourrait être un feu d’origine humaine. En dépit du danger, il se met en tête d’aller à leur rencontre.

LUZ  : un Diamant dans les Gravats – collection Une nuit au musée –  « Après l’effondrement du 7 janvier, j’ai dû fouiller dans la somme de mes gravats mentaux. Pendant plusieurs années, je me suis assis au bord de ce moi pulvérisé à contempler le moindre caillou. A envisager de refonder le tout. Je ne sais pas comment j’ai pu me reconstruire au fond, mais c’est dans l’exploration méticuleuse de ma personnalité à terre que j’ai finalement réussi. J’ai commencé à devenir le dessinateur que je suis désormais lorsque j’ai compris que je n’étais plus en ruine, mais en chantier. Alors  forcement Beaubourg en reconstruction….Ecrire évidemment, mais dessiner aussi puisque le dessin a toujours été là pour me soutenir ».

Cherif MAJDALANI  : Le nom des Rois  : « Et d’un seul coup, le monde qui servait de décor à tout cela s’écroula. J’en avais été un témoin distrait, mais le bruit qu’il provoqua en s’effondra me fit lever la tête et ce que je vis alors n’était plus qu’un univers de violence et de mort. C’est de celui-là que je suis devenu contemporain. J’avais été durant des années dispensé d’intérêt  par ma passion des atlas, par les royautés anciennes …Désormais l’histoire se faisait sous mes yeux et je la trouvais moche, roturière et vulgaire »  Dans ce récit de passage à l’âge adulte, l’auteur raconte la disparition d’un pays (le Liban) et explore ce qui subsiste de l’enfance lorsqu’elle capitule devant le fracas du monde.